Photo crédit( Google)
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Le tabagisme gagne peu à peu toutes les tranches d’âge même si les institutions nationales et internationales en font leur cheval de bataille. Le plus souvent, les jeunes adolescents des moyens de 15 à 20 ans tombent dans le filet de ce fléau. Pour les uns, fumer la cigarette est la seule manière d’être aussi cool et branché à la vie. Pour d’autres, le tabac aide à intégrer le milieu des jeunes qui croient porter le monde sur leurs épaules.

Avec mes amis alors tous élèves du collège en 2008, nous nous trouvions derrière les salles de classe pendant la récréation. Soudain, un ami qui n’était pas à sa toute première expérience, tira des bouts de cigarettes d’un paquet et en distribua à certains. Nous autres novices, étions là pour voir comment la fumée s’absorbe et se dégage à travers la bouche du fumeur. Ce qui était plus étrange, c’était par quel miracle on passait la fumée de la bouche aux narines. Cette épreuve d’observation passée, vint le tour de la pratique malgré le choc et le danger que nous courions dans notre ignorance. Il fallait fumer par tous les moyens.

Après des mois d’apprentissage avec nos aînés, j’étais maintenant un semi-professionnel qui pouvait s’acheter un paquet et une boîte d’allumettes. Je dois dire que je m’étais livré à cette pratique en dehors de la famille. Car après notre retour de la Sierra Leone du fait de la guerre civile, j’ai été séparé des miens pour mener le reste de ma vie scolaire auprès d’un tuteur (personne de bonne foi qui adopte une autre) dans les préfectures de la Guinée profonde.
Admis au brevet d’étude du premier cycle (BEPC) et content, je devrais venir en vacances à Conakry chez mon frère pour préparer le lycée en 2001. Un jour, vers les 21heures précises, je tenais en main une cigarette allumée et fumais. Le dieu du courant n’étant pas présent dans un quartier de Conakry où nous habitions à l’époque. Donc, comme il faisait nuit, je me suis dit qu’aucun de mes proches ne devrait se trouver en ces lieux.
Je suis allé m’asseoir sur un tabouret à l’intérieur d’un café bar, en face de moi, se tenait un homme qui prenait tranquillement sa tasse de café, mais je ne l’ai pas bien observé. J’étais pressé de finir de fumer. On dit que c’est en mangeant que l’appétit vient. Je tirais tranquillement la fumée de la cigarette dans ma bouche quand soudain, le courant de l’électricité de Guinée (EDG) revint. En face de moi, je vois mon grand frère qui ne pouvait imaginer un instant que j’étais un fumeur. Voilà qu’il me prenait  les mains dans la pâte.
Subitement, j’ai tenu la cigarette entre mes deux doigts et j’ai caché ma main derrière mon dos en fixant le frère qui me regardait aussi. Comme s’il voulait me sanctionner, il me fixa pendant une bonne minute. Quand le feu de la cigarette commença à franchir le cap pour atteindre mes deux doigts, je sentis vivement la flamme et la chaleur me pénétra à travers mes deux doigts. J’ai crié tout en jetant le mégot par terre pour prendre la poudre d’escampette. C’est ainsi que j’ai failli brûler mes doigts en voulant me cacher de mon grand frère. J’ai vraiment eu honte et senti la douleur à cause de ce vice si dangereux.