Guinée : La barbarie de Womey sur une équipe de sensibilisation à Ebola continue à défrayer la chronique !

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27/09/2014

Guinée : La barbarie de Womey sur une équipe de sensibilisation à Ebola continue à défrayer la chronique !

imagewomeyLe 16 septembre dernier une équipe de sensibilisation pour la riposte à Ebola a été prise à partie par un groupe mal intentionné dans la sous préfecture de Womey, au sud de la Guinée. Bilan : 8 morts, plusieurs blessés graves et d’importants dégâts matériels. Dès lors, l’actualité reste dominée par cette situation criminelle à la fois crapuleuse où chacun tente de donner son avis.

De par des évènements macabres de Zogota en août 2012 en passant par des affrontements criminels intercommunautaires de Galapaye en 2013 jusqu’à la toute récente attaque d’une équipe de sensibilisation contre le plus dangereux virus Ebola, la région forestière est devenue en ces derniers temps, le théâtre de violences et d’actes criminels.
Le récent évènement en date du 16 septembre dernier, a été perpétré sur une équipe de sensibilisation de riposte à Ebola à Womey, située à 50 km de N’Zérékoré. Contre toute attente, l’équipe fut prise à partie par un groupe sorti de l’ombre. Des jets de pierres au départ, en suite les tueries. Une panique s’installe, c’est le ‘’ sauve qui peut’’. Pour dissimuler les traces de l’acte barbare, ces assaillants ont jeté les corps des victimes dans une fosse septique d’une école. Une scène qui sera comprise par la suite et seront sortis de là pour bénéficier les rituels funéraires accompagnés de tous les honneurs.
Je me permets à travers ce billet, nominer ces martyrs qui ont perdu la vie au front contre l’épidémie Ebola. M.Moriba Touré ; sous-préfet de Womey ; Dr Ibrahima Fernandez, directeur préfectoral de la santé(DPS) ; Dr Ibrahima Saliou Barry, directeur général adjoint de l’hôpital régional de N’Zérékoré ; Pépé Kpogohomou, chef du centre de santé de Womey ; Moise Mamy, pasteur évangéliste à N’Zao ; Molou Chérif, technicien à la radio rurale de N’Zérékoré ; Sidiki Sidibé, technicien stagiaire à la radio rurale de N’Zérékoré et Facely Camara, journaliste de FM Liberté.
Devant ce crime organisé par certains individus de la sous-préfecture de Womey, le gouvernement à travers une forte délégation a participé à l’inhumation des corps des victimes dans la forêt du 1er mai à N’Zérékoré. A travers une déclaration lue sur les ondes des médias publics, le gouvernement a condamné avec fermeté cet acte ignoble et crapuleux tout en ouvrant des pistes d’enquêtes pour traquer les principaux responsables de cet acte ignoble pour qu’ils soient soumis à la rigueur de la loi.
Dans les cafés bars, les lieux publics et sur des antennes des stations de radios privées de la capitale, l’actualité reste dominée par les commentaires de ce crime organisé dans la région forestière. Tout au long de ces analyses de la situation, on peut comprendre de façon générale que, le manque de leadership des autorités à la base serait à l’origine de cet incident crapuleux. Car estime-t-on, s’il y avait une bonne communication responsable bien avant le départ de l’équipe en préparant les esprits, le pire serait évité. Puisque certaines personnes sont encore incrédules face à l’existence du virus qu’elles qualifient d’être une invention biologique.
Selon un hebdomadaire guinéen, les humanitaires de MSF, ne sont pas de tout surpris de cet acte barbare: « Non ce n’était pas une surprise. Les gens disent tout le temps que la maladie est un mensonge et nous accusent d’être payés par les blancs pour les tuer. ».
Face à la propagation recrudescence de l’épidémie dans la région forestière, l’équipe de MSF, après avoir regretté le comportement des citoyens de Macenta, ville située dans la même région, qui s’étaient attaqué à eux, s’engage tout de même pour continuer la lutte : « Quand nous avions commencé ici, les gens ne nous croyaient pas, ils pensaient que MSF était là pour les intoxiquer et leur faire du mal. Ils ont lancé des cailloux, bloqué des voitures. MSF s’est retiré, la maladie est revenue. Les gens ont vu la vérité, ils ont demandé pardon.».
Il est temps pour que les autorités du pays mettent en avant la loi pour la garantie des libertés publiques et du respect des droits humains. Car, si toute fois les coupables des victimes de Zogota continuent de vivre en paix sans inquiétude, je crains à ce que les arrestations qui continuent du côté de Womey ne soient pas un feu de paille.

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